Monsieur le ministre, nous venons d’assister au Magal. Comment l’a vécu le disciple Mouride que vous êtes ?
D’abord, permettez-nous, en tant qu’autorité de tutelle, d’adresser nos sincères condoléances aux familles des personnes décédées dans des accidents et d’exprimer notre profonde solidarité aux blessés, auxquels nous souhaitons un prompt rétablissement. Une délégation du ministère des Transports terrestres et aériens (MITTA), conduite par le Directeur de Cabinet accompagné du Gouverneur de la région de Louga, du Directeur général des Transports terrestres et du Directeur général de l’Agence nationale de la Sécurité routière (ANASER), s’est rendue jeudi dernier à l’hôpital régional Amadou Sakhir Mbaye de Louga, afin de témoigner de la solidarité de l’État aux victimes. Ils ont aussi rendu visite aux blessés pris en charge par les équipes médicales avant de présenter les condoléances du ministère aux familles endeuillées.
Pour le Magal c’est d’abord une très grande satisfaction pour le talibé mouride que je suis, mais également pour le serviteur de l’État du Sénégal investi de la responsabilité d’un secteur aussi stratégique que celui des Transports terrestres et aériens. Le Grand Magal est avant tout un moment de profonde dévotion spirituelle, de recueillement et de gratitude envers Allah. C’est toujours un immense bonheur de fouler le sol de la ville sainte de Touba, particulièrement à l’occasion de la commémoration du départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul. Comme chaque année, nous avons été à Touba pendant près d’une semaine, aux côtés de nos familles, de nos proches, de nos amis, de nos invités et de nos collaborateurs. Au-delà de la préparation des importantes responsabilités qui nous incombent en tant que ministre chargé des Transports, c’est surtout l’occasion de renouveler notre engagement spirituel et notre attachement aux enseignements et à l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba. Le Magal est un moment exceptionnel de foi, de fraternité et de rassemblement. Il transcende les frontières du Sénégal pour réunir des millions de fidèles venus de tous les horizons autour des valeurs de paix, de travail, de discipline et de service prônées par le Khadimou Rassoul.
En tant que ministre en charge des Transports terrestres et Aériens, quels enseignements tirez-vous de cette présente édition en termes de bilan ?
Le premier enseignement que nous tirons est un sentiment de satisfaction et de reconnaissance envers Allah. Le Grand Magal de Touba est un événement d’une ampleur exceptionnelle qui mobilise chaque année des millions de personnes et met à l’épreuve l’ensemble des dispositifs de transport, de sécurité et de secours de notre pays. En ce qui concerne le secteur des Transports terrestres et aériens, le bilan est globalement satisfaisant. Les dispositions arrêtées plusieurs semaines avant le Magal, en étroite collaboration avec l’ensemble des services de l’État, les Forces de défense et de sécurité, les autorités administratives, les collectivités territoriales, les acteurs du transport ainsi que le Comité d’organisation du Grand Magal, ont permis d’assurer une meilleure fluidité des déplacements et un fonctionnement globalement satisfaisant du dispositif. Nous avons également constaté une forte mobilisation des transporteurs, des services techniques du ministère et de l’ensemble des partenaires engagés dans l’organisation. Je tiens à leur rendre un hommage appuyé pour leur professionnalisme, leur sens des responsabilités et leur engagement au service des populations. Naturellement, un événement de cette envergure n’est jamais exempt de difficultés. Chaque édition nous offre des enseignements précieux qui nous permettront d’améliorer davantage notre dispositif pour les prochaines échéances. C’est d’ailleurs dans cet esprit d’amélioration continue que nous procéderons à une évaluation approfondie avec l’ensemble des parties prenantes afin d’identifier les points forts, les insuffisances éventuelles et les actions correctives à mettre en œuvre. Je voudrais enfin saluer le comportement de la grande majorité des usagers de la route, des conducteurs et des pèlerins, qui ont fait preuve de responsabilité tout au long de cet important rendez-vous religieux. La sécurité routière demeure un défi collectif. Les investissements de l’État, les contrôles et les mesures de prévention sont indispensables, mais ils ne produiront pleinement leurs effets que si chacun adopte un comportement responsable sur la route. C’est ensemble que nous continuerons à faire reculer durablement les accidents et à renforcer la sécurité de nos concitoyens.
Vous avez mobilisé des moyens exceptionnels au niveau des différents services de votre département pour ce Magal. Quelles ont été les grandes innovations apportées pour réduire les accidents sur les routes du magal ?
La première innovation a consisté à anticiper. Nous sommes convaincus que la sécurité routière se prépare bien avant le départ des pèlerins. C’est pourquoi nous avons lancé très tôt un appel à l’ensemble des chauffeurs et des usagers de la route à faire preuve de prudence, à respecter scrupuleusement le Code de la route et à adopter des comportements responsables. En amont du Grand Magal de Touba 2026, le ministère a tenu plusieurs réunions stratégiques avec l’ensemble des acteurs concernés afin de mettre en place un dispositif coordonné, conformément à la vision de Son Excellence le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et aux orientations du Gouvernement. L’une des principales innovations de cette édition a été le renforcement de la prévention à travers une campagne exceptionnelle de vérification technique gratuite des véhicules.
Pendant plus d’une semaine avant le Magal, les automobilistes ont eu la possibilité de faire contrôler gratuitement l’état de leurs véhicules sur plusieurs sites, notamment à Dalifort, Thiaroye, Rufisque, Toglou, Mbacké et Diourbel. Cette initiative a permis aux conducteurs de détecter et de corriger d’éventuelles défaillances mécaniques avant de prendre la route, contribuant ainsi à réduire les risques d’accidents liés à l’état des véhicules. Parallèlement, le ministère a mobilisé l’ensemble de ses directions et agences concernées, notamment les Grands Trains du Sénégal, l’Agence nationale de la Sécurité routière (ANASER), Dakar Dem Dikk, les Autoroutes du Sénégal, l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM) ainsi que l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), afin d’assurer une prise en charge optimale des besoins de mobilité des pèlerins. L’ANASER a, pour sa part, considérablement renforcé les actions de prévention avec des campagnes de sensibilisation dans les gares routières, l’installation d’un Village de la sécurité routière, des interventions dans les postes médicaux avancés, l’équipement des conducteurs de charrettes, la diffusion de messages de prévention sur les plateformes numériques ainsi que des capsules radiophoniques sur les radios communautaires. Toutes ces mesures poursuivaient un seul objectif : réduire les accidents à l’aller comme au retour, tout en garantissant aux millions de pèlerins des déplacements plus sûrs, plus fluides et plus sereins. Les premiers constats sont encourageants, même si nous restons convaincus que la sécurité routière demeure un défi permanent qui exige l’engagement de l’État autant que celui de chaque usager de la route.
Un autre défi se dresse devant vous, le Gamou de Tivaouane dans moins d’un mois. Certainement que l’expérience du magal vous servira-t-elle à améliorer la gestion de cet autre grand événement religieux?
Absolument. Chaque grand événement religieux est une source d’enseignements et nous permet d’améliorer continuellement nos dispositifs. Les acquis du Grand Magal de Touba seront naturellement capitalisés dans la préparation du Maouloud, communément appelé Gamou. Nous sommes déjà pleinement engagés dans les préparatifs. À un peu plus de trois semaines du Gamou et à une dizaine de jours du début des Bourdes, ces dix journées de prières, de récitations du Coran, de zikr et de dévotion qui précèdent la célébration de la naissance du Prophète Mouhammad (PSL), le ministère a commencé à travailler avec l’ensemble des services compétents afin de mettre en place un dispositif de transport adapté. Nous allons maintenir la même démarche d’anticipation qui a guidé notre action pour le Magal : une coordination renforcée entre les différentes directions et agences du ministère, les Forces de défense et de sécurité, les autorités administratives, les collectivités territoriales et les acteurs du transport, avec un accent particulier sur la prévention des accidents, la fluidité du trafic et la sensibilisation des usagers. Le Gamou présente cependant une particularité importante. Contrairement au Magal, qui concentre l’essentiel des flux vers Touba, le Maouloud est célébré sur toute l’étendue du territoire national. Certes, Tivaouane, Kaolack, Ndiassane et Touba accueillent les plus importants rassemblements de fidèles, mais pratiquement chaque ville, chaque commune et chaque village du Sénégal organise sa propre célébration. Les déplacements sont donc plus diffus et concernent l’ensemble du réseau routier national. C’est pourquoi notre dispositif devra être à la fois national et de proximité. Nous veillerons à assurer la mobilité des pèlerins dans les meilleures conditions possibles, tout en poursuivant nos actions de sensibilisation, de contrôle et de prévention. Notre ambition reste la même : permettre aux fidèles de vivre ce grand moment de foi et de communion en toute sécurité. Au-delà des moyens matériels et humains mobilisés par l’État, j’en appelle une nouvelle fois au sens des responsabilités de chaque conducteur et de chaque usager. La réussite de ces grands événements religieux est une responsabilité partagée. Ensemble, en respectant les règles de sécurité routière et en faisant preuve de civisme, nous pouvons préserver des vies et faire en sorte que ces moments de spiritualité demeurent des moments de paix et de bénédiction pour notre pays.
Entretien réalisé par Mbaye THIANDOUM
D’abord, permettez-nous, en tant qu’autorité de tutelle, d’adresser nos sincères condoléances aux familles des personnes décédées dans des accidents et d’exprimer notre profonde solidarité aux blessés, auxquels nous souhaitons un prompt rétablissement. Une délégation du ministère des Transports terrestres et aériens (MITTA), conduite par le Directeur de Cabinet accompagné du Gouverneur de la région de Louga, du Directeur général des Transports terrestres et du Directeur général de l’Agence nationale de la Sécurité routière (ANASER), s’est rendue jeudi dernier à l’hôpital régional Amadou Sakhir Mbaye de Louga, afin de témoigner de la solidarité de l’État aux victimes. Ils ont aussi rendu visite aux blessés pris en charge par les équipes médicales avant de présenter les condoléances du ministère aux familles endeuillées.
Pour le Magal c’est d’abord une très grande satisfaction pour le talibé mouride que je suis, mais également pour le serviteur de l’État du Sénégal investi de la responsabilité d’un secteur aussi stratégique que celui des Transports terrestres et aériens. Le Grand Magal est avant tout un moment de profonde dévotion spirituelle, de recueillement et de gratitude envers Allah. C’est toujours un immense bonheur de fouler le sol de la ville sainte de Touba, particulièrement à l’occasion de la commémoration du départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul. Comme chaque année, nous avons été à Touba pendant près d’une semaine, aux côtés de nos familles, de nos proches, de nos amis, de nos invités et de nos collaborateurs. Au-delà de la préparation des importantes responsabilités qui nous incombent en tant que ministre chargé des Transports, c’est surtout l’occasion de renouveler notre engagement spirituel et notre attachement aux enseignements et à l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba. Le Magal est un moment exceptionnel de foi, de fraternité et de rassemblement. Il transcende les frontières du Sénégal pour réunir des millions de fidèles venus de tous les horizons autour des valeurs de paix, de travail, de discipline et de service prônées par le Khadimou Rassoul.
En tant que ministre en charge des Transports terrestres et Aériens, quels enseignements tirez-vous de cette présente édition en termes de bilan ?
Le premier enseignement que nous tirons est un sentiment de satisfaction et de reconnaissance envers Allah. Le Grand Magal de Touba est un événement d’une ampleur exceptionnelle qui mobilise chaque année des millions de personnes et met à l’épreuve l’ensemble des dispositifs de transport, de sécurité et de secours de notre pays. En ce qui concerne le secteur des Transports terrestres et aériens, le bilan est globalement satisfaisant. Les dispositions arrêtées plusieurs semaines avant le Magal, en étroite collaboration avec l’ensemble des services de l’État, les Forces de défense et de sécurité, les autorités administratives, les collectivités territoriales, les acteurs du transport ainsi que le Comité d’organisation du Grand Magal, ont permis d’assurer une meilleure fluidité des déplacements et un fonctionnement globalement satisfaisant du dispositif. Nous avons également constaté une forte mobilisation des transporteurs, des services techniques du ministère et de l’ensemble des partenaires engagés dans l’organisation. Je tiens à leur rendre un hommage appuyé pour leur professionnalisme, leur sens des responsabilités et leur engagement au service des populations. Naturellement, un événement de cette envergure n’est jamais exempt de difficultés. Chaque édition nous offre des enseignements précieux qui nous permettront d’améliorer davantage notre dispositif pour les prochaines échéances. C’est d’ailleurs dans cet esprit d’amélioration continue que nous procéderons à une évaluation approfondie avec l’ensemble des parties prenantes afin d’identifier les points forts, les insuffisances éventuelles et les actions correctives à mettre en œuvre. Je voudrais enfin saluer le comportement de la grande majorité des usagers de la route, des conducteurs et des pèlerins, qui ont fait preuve de responsabilité tout au long de cet important rendez-vous religieux. La sécurité routière demeure un défi collectif. Les investissements de l’État, les contrôles et les mesures de prévention sont indispensables, mais ils ne produiront pleinement leurs effets que si chacun adopte un comportement responsable sur la route. C’est ensemble que nous continuerons à faire reculer durablement les accidents et à renforcer la sécurité de nos concitoyens.
Vous avez mobilisé des moyens exceptionnels au niveau des différents services de votre département pour ce Magal. Quelles ont été les grandes innovations apportées pour réduire les accidents sur les routes du magal ?
La première innovation a consisté à anticiper. Nous sommes convaincus que la sécurité routière se prépare bien avant le départ des pèlerins. C’est pourquoi nous avons lancé très tôt un appel à l’ensemble des chauffeurs et des usagers de la route à faire preuve de prudence, à respecter scrupuleusement le Code de la route et à adopter des comportements responsables. En amont du Grand Magal de Touba 2026, le ministère a tenu plusieurs réunions stratégiques avec l’ensemble des acteurs concernés afin de mettre en place un dispositif coordonné, conformément à la vision de Son Excellence le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et aux orientations du Gouvernement. L’une des principales innovations de cette édition a été le renforcement de la prévention à travers une campagne exceptionnelle de vérification technique gratuite des véhicules.
Pendant plus d’une semaine avant le Magal, les automobilistes ont eu la possibilité de faire contrôler gratuitement l’état de leurs véhicules sur plusieurs sites, notamment à Dalifort, Thiaroye, Rufisque, Toglou, Mbacké et Diourbel. Cette initiative a permis aux conducteurs de détecter et de corriger d’éventuelles défaillances mécaniques avant de prendre la route, contribuant ainsi à réduire les risques d’accidents liés à l’état des véhicules. Parallèlement, le ministère a mobilisé l’ensemble de ses directions et agences concernées, notamment les Grands Trains du Sénégal, l’Agence nationale de la Sécurité routière (ANASER), Dakar Dem Dikk, les Autoroutes du Sénégal, l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM) ainsi que l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), afin d’assurer une prise en charge optimale des besoins de mobilité des pèlerins. L’ANASER a, pour sa part, considérablement renforcé les actions de prévention avec des campagnes de sensibilisation dans les gares routières, l’installation d’un Village de la sécurité routière, des interventions dans les postes médicaux avancés, l’équipement des conducteurs de charrettes, la diffusion de messages de prévention sur les plateformes numériques ainsi que des capsules radiophoniques sur les radios communautaires. Toutes ces mesures poursuivaient un seul objectif : réduire les accidents à l’aller comme au retour, tout en garantissant aux millions de pèlerins des déplacements plus sûrs, plus fluides et plus sereins. Les premiers constats sont encourageants, même si nous restons convaincus que la sécurité routière demeure un défi permanent qui exige l’engagement de l’État autant que celui de chaque usager de la route.
Un autre défi se dresse devant vous, le Gamou de Tivaouane dans moins d’un mois. Certainement que l’expérience du magal vous servira-t-elle à améliorer la gestion de cet autre grand événement religieux?
Absolument. Chaque grand événement religieux est une source d’enseignements et nous permet d’améliorer continuellement nos dispositifs. Les acquis du Grand Magal de Touba seront naturellement capitalisés dans la préparation du Maouloud, communément appelé Gamou. Nous sommes déjà pleinement engagés dans les préparatifs. À un peu plus de trois semaines du Gamou et à une dizaine de jours du début des Bourdes, ces dix journées de prières, de récitations du Coran, de zikr et de dévotion qui précèdent la célébration de la naissance du Prophète Mouhammad (PSL), le ministère a commencé à travailler avec l’ensemble des services compétents afin de mettre en place un dispositif de transport adapté. Nous allons maintenir la même démarche d’anticipation qui a guidé notre action pour le Magal : une coordination renforcée entre les différentes directions et agences du ministère, les Forces de défense et de sécurité, les autorités administratives, les collectivités territoriales et les acteurs du transport, avec un accent particulier sur la prévention des accidents, la fluidité du trafic et la sensibilisation des usagers. Le Gamou présente cependant une particularité importante. Contrairement au Magal, qui concentre l’essentiel des flux vers Touba, le Maouloud est célébré sur toute l’étendue du territoire national. Certes, Tivaouane, Kaolack, Ndiassane et Touba accueillent les plus importants rassemblements de fidèles, mais pratiquement chaque ville, chaque commune et chaque village du Sénégal organise sa propre célébration. Les déplacements sont donc plus diffus et concernent l’ensemble du réseau routier national. C’est pourquoi notre dispositif devra être à la fois national et de proximité. Nous veillerons à assurer la mobilité des pèlerins dans les meilleures conditions possibles, tout en poursuivant nos actions de sensibilisation, de contrôle et de prévention. Notre ambition reste la même : permettre aux fidèles de vivre ce grand moment de foi et de communion en toute sécurité. Au-delà des moyens matériels et humains mobilisés par l’État, j’en appelle une nouvelle fois au sens des responsabilités de chaque conducteur et de chaque usager. La réussite de ces grands événements religieux est une responsabilité partagée. Ensemble, en respectant les règles de sécurité routière et en faisant preuve de civisme, nous pouvons préserver des vies et faire en sorte que ces moments de spiritualité demeurent des moments de paix et de bénédiction pour notre pays.
Entretien réalisé par Mbaye THIANDOUM