CAMPUS ENSANGLANTÉ, POUVOIR SILENCIEUX : La rupture promise s’est transformée en continuité brutale


Rédigé le Lundi 16 Février 2026 à 10:31 | Lu 23 commentaire(s)



 
 
Il faut que les dirigeants de Pastef comprennent une chose : on ne se différencie pas d’un régime par des déclarations, mais par des actes. Vous affirmez aujourd’hui que le ministre de l’Intérieur avait interdit aux policiers d’entrer dans l’université avec des balles, comme pour prouver une différence avec l’ancien régime. Mais la réalité est plus terrible encore : on peut interdire les balles, mais on n’interdit pas la violence. Et cette violence s’est exprimée avec une brutalité insoutenable.
 
Un étudiant est mort non pas sous une balle, mais sous les crosses, les godasses, les coups. Une mort lente, atroce, indigne d’une République. Une mort qui engage la responsabilité politique de ceux qui dirigent l’appareil sécuritaire. Car qu’on tue par balle ou qu’on tue à coups de bottes, le résultat est le même : un citoyen meurt sous la force publique.
 
Vous aviez promis une rupture. Vous aviez dénoncé l’arbitraire. Vous aviez promis que l’étudiant serait au cœur des priorités nationales. Vous aviez promis des réformes profondes de l’université. Aujourd’hui, les étudiants n’ont ni réformes, ni sécurité, ni perspectives. Ils n’ont que des communiqués et des justifications.
 
Milton Friedman disait que « la responsabilité première d’un gouvernement est d’assurer la sécurité de ses citoyens ». Quand cette sécurité disparaît, la légitimité commence à vaciller.
 
Ce qui épuise aujourd’hui les Sénégalais, ce n’est pas seulement la crise. C’est votre posture permanente d’opposants. Vous continuez de gouverner comme si Macky Sall détenait encore le pouvoir, comme si vous étiez encore en campagne. Mais l’histoire ne repasse pas les élections : elle juge les gouvernants.
 
Vous devez comprendre que le dégagisme qui a balayé l’ancien régime n’était pas une exception. C’était un avertissement. Et ce peuple, désormais désabusé, peut tourner une nouvelle page plus vite que vous ne l’imaginez.
 
Le Sénégal glisse dangereusement vers une crise de confiance. L’exception sénégalaise se fissure. Les jeunes doutent. Les familles s’inquiètent. L’exil devient un horizon. Et pendant ce temps, l’État parle comme s’il n’était pas responsable.
 
Le Président Diomaye Faye doit parler au pays. Pas pour accuser le passé. Pas pour commenter. Mais pour décider, sanctionner, et tracer une direction claire. Car un pouvoir qui refuse d’assumer finit toujours par être assumé par l’histoire. Le Sénégal n’a pas besoin d’un pouvoir qui se justifie. Il a besoin d’un pouvoir qui protège.
 
Thierno LO
Président de l’Alliance pour la Paix et le Développement



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