DIOMAYE-SONKO, PASTEF, LOCALES, MAIRIE DE MBOUR... : Mamadou Diaité sans langue de bois


Rédigé le Samedi 18 Avril 2026 à 10:04 | Lu 197 commentaire(s)


Pour sa toute première grande interview, LA PATRIE a ouvert ses colonnes au député et coordonnateur départemental du PASTEF à Mbour, Dr Mamadou Diaité. Comme un médecin, il a évoqué avec nous, et avec une précision chirurgicale, les sujets d’actualité : les prochaines locales, le «bilan catastrophique» du maire de Mbour, la relation Sonko et Diomaye, l’évolution du PASTEF dans le département de Mbour...


Honorable, vous êtes responsables du PASTEF dans le département de Mbour. Aujourd’hui, comment se porte le parti dans la localité ?
 
PASTEF a été créé à Mbour, précisément  en février 2015. Donc ça fera bientôt 12 ans.  Depuis lors on est ici, on a géré le parti et  on a réussi à mettre un appareil politique dans tout le département. Aujourd’hui, compte tenu de l’élément  d’appréciation d’un parti politique qu’est les élections, on a eu trois élections de suite au PASTEF : les locales, avec  sa coalition, en 2022 quand on était dans l’opposition; la présidentielle de 2024 lors de laquelle, nous avons gagné dans les 16 commune avec un score d’environ 140 000 voix; les législatives pour la première fois pour PASTEF seul, où on a gagné les 4 sièges du département et on  a gagné les 15 communes sur les 16 que compte le département. Donc on peut dire que le PASTEF se porte bien dans le département de Mbour.
 
On va vers des élections locales et beaucoup de communes du département sont entre les mains d’opposants. Etes-vous confiants que PASTEF peut renverser la tendance ? Si oui, qu’est-ce qui fonde cette confiance ?
 
C’est vrai que suite aux élections locales de 2022 nous n’avions pas gagné une seule commune dans le département. Mais depuis lors, nous avons renversé la situation électorale. Aujourd’hui, nous sommes dans une  dynamique de victoire, après avoir remporté les trois dernières élections.  Pour cela on peut être confiant. Rien que dans la commune de Mbour, pour les trois  élections qui se sont suivies, on les a gagnées avec un score très honorable. Et je pense que cette dynamique va être parachevée lors des locales de 2027.
 
Les querelles de leadership apparaissent souvent à l’approche des élections locales. Ne craignez-vous pas cela au sein du PASTEF départemental où il y a des leaders d’envergure ?
 
C’est vrai que les réalités changent d’une position à une autre. Nous avons été dans l’opposition et c’était beaucoup plus calme. Pour chaque militant engagé, dès qu’il répond aux critères de choix, il peut légitimement déposer sa candidature et prétendre être candidat à la candidature, pour éventuellement demander le suffrage des militants qui vont choisir parmi les candidats qui ont déposé leurs dossiers. Mais pour le moment, on n’en est pas arrivé à ce niveau. Et je pense qu’il n’y a pas de problèmes  de leadership. C’est juste des ambitions qu’on cautionne. Chaque militant qui répond aux critères de choix peut légitimement déposer sa candidature, on est en démocratie. Et le moment opportun, le parti fera le choix en fonction de tout ce  qui va être mis en place comme règles du jeu, et les militants vont être soumis à ces règles. S’il y a consensus, c’est mieux, au cas contraire, nous partirons en arbitrage. Pour le moment, chacun travaille dans son coin et nous sommes là pour coordonner. Les cellules s’activent et les sections communales s’activent. Donc on est dans la dynamique de remobilisation pour faire face aux exigences des élections locales.
 
PASTEF a des visées sur la commune. Aujourd’hui, comment jugez-vous le bilan du maire de Mbour ?
 
Pour la commune de Mbour, je pense que ça saute à l’œi. Il n’y a pas de changement pratiquement pendant ces 5 ans. Mbour a besoin d’un plan Marshall. On ne peut pas comprendre que la 3e commune la plus peuplée du Sénégal ait ce visage. Il y a beaucoup de choses à faire. Malheureusement le maire actuel n’a pas su répondre aux préoccupations des populations. Partout c’est le désordre. Il y a des problèmes d’assainissement, de voirie...Il y a beaucoup à faire. Le bilan du maire est catastrophique compte tenu  de ce qu’il avait avancé comme offre quand il demandait les suffrages des mbourois. Au final on est toujours à la situation de départ. Tout ce qu’on peut retenir de sa gestion, c’est le foncier, toujours le fonciers. Il y a trop de spéculations autour du foncier. Et ça, ce n’est pas honorable, pour un maire qui dirige une si grande commune.
 
Quelle alternative propose PASTEF pour la commune de Mbour en particulier et le département de Mbour en général ?
 
Comme je l’ai dit, Mbour a besoin d’un plan Marshall. D’abord les compétences transférées nous les connaissons, pour pouvoir répondre à certaines préoccupations en terme d’assainissement, en terme de voirie, en terme d’éducation, de santé. Aujourd’hui, il y a un déficit de personnel dans toutes les structures de santé, tout comme il y a un problème réel de logistique et de plateau technique. Au niveau de l’éducation, il y a un manque d’infrastructures. Ce qu’i fait qu’il y a des  classes aux effectifs pléthoriques dans certaines écoles. C’est anormal. L’idéal c’est de voir comment construire les salles de classe en hauteur pour pouvoir absorber tous les effectifs et offrir les conditions d’un enseignement de qualité. Des problèmes  de sécurité aussi, on en a. Mbour est devenue une très grande ville. Il est nécessaire de rassurer les populations quant à leur sécurité, en veillant sur leur intégrité physique et sur leurs biens. Il y a beaucoup à faire à Mbour. Si on arrive à cerner  l’ensemble des ressources souveraines de la mairie et exploiter le potentiel on peut avoir  un budget conséquent pour faire face à tous ces besoins. Compte tenu de sa spécificité, du potentiel économique de la commune, si on arrive à exploiter tout cela,  je pense qu’on peut changer le visage de Mbour pour les prochaines cinq années.
 
En tant que responsable départemental du PASTEF, serez-vous candidat à la mairie ou au conseil départemental de Mbour?
 
Moi  je n’ai’ jamais rien demandé. Depuis 12 ans je suis à la tête du parti. Mon objectif est de massifier et d’organiser. Maintenant, si les gens jugent utile que ma candidature peut faire l’affaire,  je postule. Mis pour l’instant, je me conforme aux  directives du partie. Le moment venue, quand on aura définies les règles du jeu, et si le parti juge que je suis à même  de diriger une liste, tant mieux je prendrai les responsabilités. Le potentiel est là. Je veux dire : la légitimité historique, l’intellect, nous avons fait des écoles, nous avons des qualifications. Nous avons toutes les qualités  nécessaires pour gérer une institution. Maintenant comme je l’ai dit,  il y a des réalités  dont il faut prendre compte et je pense que le parti va se baser sur ça.  On a besoin de gagner et il faut choisir des gens qui sont aptes  à faire gagner une liste. Les élections locales sont l’une des élections les plus compliquées. En définitive, sur cette question de candidature, je me conforme au règles du jeu du pari. Et pour le moment, le parti n’a pas donné de directives. il n’est pas dans mon rôle d’anticiper certaines décisions du parti.
 
Récemment, il a beaucoup été question des relations entre le président Faye et le président Ousmane Sonko. Personnellement comment avez-vous vécu cette situation ? Et qu’en pensez-vous ?
 
C’est vrai que ça a été une épreuve très difficile à gérer. Personnellement j’ai côtoyé les deux personnes, le président du parti et le président de la république. Le président de la république, fait partie de la circonscription de Mbour, sa commune c’est ndiaganiao. On a longtemps collaboré. Et comme il l’a si bien dit, il a passé dix ans pour que Sonko soit élu et que Sonko en dix jours, a réussi à faire de lui un président. Ce qui les lie est très fort; moi je sais qu’ils ont des liens très étroits. Je ne peux pas trop m’aventurer sur leurs relations personnelles. Mais dans le cadre globale du parti, je pense que récemment il l’a dit au King Fahd (lors de l’AHG de Diomaye Président), il est toujours membre du PASTEF. Et,  ce mot là, est important. Donc il faut qu’on crée les conditions  pour faciliter son retour dans le parti.  Je pense que ce ne serait que bénéfiques. Maintenant, compte tenue des réalités politiques, le parti va prendre acte.  Nous, en tant que militant, on ne peut pas forcer une personne à se conformer  aux textes du parti.  Mais le parti va aussi prendre ses responsabilités  au moment venu.  Et au cas où il y aura clash, on va dérouler notre agenda comme prévu. Mais moi ma préoccupation est de tout faire pour qu’on se retrouve, et ça je le lui ai dit au palais (lors du ndogou avec les parlementaires). Je lui ai dit vous : avez été un acteur dans le processus de création du parti, de son encage, et lors des élections, dans l’opposition. Et au vue de tout ça, si je peux me résumer, je crois plus à la réconciliation, parce qu’on ne peut pas gagner et ensuite avoir des difficultés au  plus haut niveau. Nous avons suscité beaucoup d’espoirs au Sénégal, et  je suis pour qu’on préserve cette image qu’on avait aux yeux des Sénégalais, quand on était dans l’opposition : être soudés et travailler ensemble. Maintenant, comme on dit, le pouvoir a ses réalités. Il faudra  prendre de la hauteur, avoir l’humilité de reconnaître qu’on a commis des erreurs; et voir comment rétablir la confiance et travailler main dans la main, pour le bénéfice des populations. C’est mon souhait de militant engagé du PASTEF  et qui croit  à l’idéal qu’on a vendu au sénégalais. C’est-à-dire, de tout faire pour mettre  le Sénégal sur les rails, en mettant en avant l’esprit patriotique, le tout couronné par l’éthique et la fraternité. Je pense que cette dynamique que nous avons vendu aux Sénégalais qui ont cru au projet, arrivée à l’exercice du pouvoir, ce serait bien qu’on continue de la garder.
 
Avez-vous l’impression que le projet est en train d’être délaissé ou trahi par le chef de l’Etat, comme le lui reproches des responsables et militants du PASTEF ?
 
Non je ne crois pas! Maintenant, il peut y avoir un différend entre nos deux responsables. On ne peut comprendre que pendant tout ce temps qu’on se bat, qu’aujourd’hui le président laisse ce projet et choisisse sa voie politiquement. Il peut y avoir des désaccords sur des points, et je crois que c’est le cas dans la gestion des affaires publiques,  mais en aucun cas je ne doute. Le président ne fait qu’orienter, c’est le premier ministre qui exécute et déroule l’agenda. Actuellement nous avons vu que les choses bougent en termes de réformes institutionnelles, mais surtout par rapport aux besoins des  populations. On peut faire évoluer beaucoup de choses, malgré le passif lourd dont on a hérité. Nous  sommes conscients qu’il y a beaucoup à faire. ça demande beaucoup de courage, mais aussi une forte communication envers les populations pour qu’elles comprennent les réalités et les enjeux.
 
Si vous aviez des reproches ou critiques à formuler sur la gestion actuelle du régime, ce serait quoi et envers qui ?
 
Moi je suis de la mouvance présidentielle, je ne peux pas parler de reproches. Peut-être, on ne va pas le dire haut, mais s’il y a des choses  à dire en interne, on le dira. Quoi qu’il en soit, je sais que l’Etat est en train de faire beaucoup d’efforts, d’abord pour stabiliser le pays, sur le plan macroéconomique. Actuellement on parle de restructuration de la dette. Nous a l’assemblée, il y a un projet de  loi pour s’opposer à ce que la dette du pays soit restructurée et je pense qu’on va bientôt faire passer cette loi pour donner  au gouvernement la garantie du soutien de l’Assemblée nationale, et permettre au président d’avoir les coudées franches  pour faire face à ce que les institutions internationale veulent nous faire subir, et qui va  c’est-à-dire déstructurer notre économie. Ce qui va nous faire reculer  de 20 à 30 ans. Si on accepte ça, ce serait mettre encore le Sénégal sous  tutelle. Et comme nous, nous tenons à la souveraineté, nous ferons tout pour appuyer l’Etat dans cette dynamique. Il faut continuer à croire en notre potentiel économique  et gérer le pays de manière efficiente, en gérant les ressources de manière rationnelle, pour faire face à ce passif très lourd.
 
La candidature du président du PASTEF Sonko pour la présidentielle de 2029 suscite beaucoup de polémique ?
 
Il y a une incompréhension quelque part, ou bien une tentative de manipulation. Sonko jouit de tous ses droits. Il a été tête de liste aux législatives  et en tant que tête de liste, il avait tous ses droits. Personne ne l’a empêché d’être candidat. Il n’y a plus d’obstacle.
 
Comment justifiez-vous le projet de loi portant modification du Code électoral proposé par le groupe parlementaire PASTEF ?
 
Nous, ce que nous voulons, c’est que ces deux articles 29 et 30 du code électoral ne soient pas personnalisés. Une loi ne doit pas   être personnalisée, elle  doit être impersonnelle. On va modifier parce qu’eux, (le régime de Macky Sall) on trouvait des subterfuges pour  éliminer des candidats : Accuser des gens gratuitement, les amener en procès fallacieux et tout faire pour bloquer leur candidature. Nous avons vécu cela avec le président Sonko. On a vu ça avec Khalifa Sall, Karim Wade.  Ces articles étaient taillés sur mesure pour éliminer des candidats. Nous, nous voulons rétablir la justice, pour permettre à tout citoyen jouissant de ses droits, de pourvoir participer à une élection; pour que certaines pratiques que nous avons connues dans le passé ne puissent plus se produire.
Entretien réalisé par Mbaye THIANDOUM
 
 



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