PASTEF-PARTI COMMUNISTE CHINOIS : Les raisons d’un partenariat politique stratégique


Rédigé le Mercredi 8 Avril 2026 à 08:55 | Lu 23 commentaire(s)


Après le Premier ministre et leader du PASTEF, le président de l’Assemblée nationale et responsable de la communication du parti au pouvoir, c’était autour d’une délégation du PASTEF de se rendre en Chine, dans le but de renforcer sa relation avec le parti communiste chinois. Une visite sanctionnée par un mémorandum scellant la coopération à plusieurs niveaux entre les deux partis, dont les similitudes idéologiques et convergences de vue sur certaines questions, ne sont plus à démontrer.


Pastef‑Les Patriotes a procédé à Beijing, à la signature d’un mémorandum d’entente avec le Parti communiste chinois (PCC).  Le mémorandum prévoit entre autres : ⁠la formation et la montée en compétences des cadres du parti, à travers des missions d’études, des échanges d’experts et l’appui à l’École du Parti ; le développement de la coopération entre jeunes, femmes et centres de réflexion, en vue de renforcer durablement les liens d’amitié entre les peuples sénégalais et chinois. Ce mémorandum constitue un acte politique majeur. Il traduit la volonté de Pastef de s’affirmer sur la scène internationale et de bâtir des partenariats stratégiques, conformes à sa vision et respectueux de ses ambitions nationales. «Cet accord marque l’ouverture d’une nouvelle phase de coopération stratégique, de solidarité internationale et de modernisation», explique le communiqué publié en ce sens.
 
Sonko avait déjà balisé le chemin lors de sa visite, avant qu’El Malick Ndiaye, en son nom, ne pose les bases de la coopération PASTEF-PCC
 
La signature du mémorandum d’entente entre le PASTEF et le PCC est l’aboutissement d’un processus lancé par les plus hauts responsables des deux partis. En juin 2026, le patriote en chef, Ousmane Sonko, en visite en Chine, avait rencontré des dirigeants du PCC. Mieux, il avait rendu un hommage à l’un des plus illustres dirigeants du PCC et de la Chine, Mao Zedong, dont il a visité le mausolée, invitant les détenteurs de pouvoir public à s’inspirer de son œuvre qui a permis à la Chine de réussir ses transformations économiques et sociale. «L’histoire de Mao Zedong est pleine d’enseignements et de symboles pour tous ceux qui sont dans l’action publique et qui ambitionnent de transformer qualitativement la vie, le sort et le destin de leurs peuples», disait-il dans des propos rapportés par l’Agence de presse sénégalaise. Comme pour faire le parallèle avec son propre parcours et celui de son parti, Sonko avait souligné les «obstacles, sacrifices et renoncements» connu par Mao et le PCC. «Ce sont des enseignements qui doivent nous inspirer, nous qui sommes au début de ce combat. Le travail ne fait que commencer. Toutes les grandes œuvres de transformation d’une société passent par des étapes à peu près identiques à celles que la Chine a traversées», avait expliqué le leader du PASTEF. Pour qui il est important de pouvoir s’inspirer des histoires qui ont été déjà vécues et qui ont porté des résultats (positifs), à l’image de celle de la Longue marche de la Chine, des sacrifices, de la transformation socio-économique et de son rayonnement actuel. Dès lors, ça n’a été guère une surprise de le voir mandater le président de l’Assemblée nationale et haut responsable du parti auprès du PCC pour discuter d’un éventuel partenariat. El Malick Ndiaye, à la tête d’une délégation et agissant au nom du Président du Parti PASTEF, Ousmane Sonko, a rencontré le mardi 27 janvier 2026, Liu Haixing, Ministre et Chef du Département international du Comité central du PCC. Cet échange de haut niveau a permis de jeter les bases d'un partenariat politique renforcé entre les deux formations, centré sur le partage d'expériences de gouvernance et la solidarité entre « forces progressistes ». Ce qui a abouti au mémorandum signé il y a quelques jours entre les deux partis.
 
Des similitudes dans la vision, le discours, les programmes
 
Ce n’est pas un hasard si le PASTEF et le PCC se rapprochent. En effet les deux partis présentent certaines similitudes. D’abord il y a l’idée de révolution si chère aux responsables et militants «patriotes», au point que publiquement, sur la tribune de l’Assemblée nationale (comme l’assemblée du peuple en Chine) le leader du PASTEF et Premier ministre Ousmane Sonko a réclamé le titre de «gardien de la révolution», comme sont surnommés les dirigeants chinois. Une révolution déjà expérimenté avec plus ou moins de succès par la Chine depuis des lustres, avec des figures de proue comme Mao Zedong à qui Ousmane Sonko a rendu hommage lors de son voyage en Chine, s’inclinant devant sa tombe et appelant à s’inspirer de lui. En plus du penchant pour la révolution, le PASTEF et le PCC ont en commun une volonté de conservation du pouvoir, qui est en réalité partagée par tous les révolutionnaires. On se rappelle des nombreuses déclarations de Sonko, de responsables et militants «patriotes »  disant que le parti allait garder le pouvoir pour 50 ans au moins. «PASTEF c’est le Sénégal. PASTEF diriger le pays pendant 50 ans ou plus », a réitéré le leader du parti au pouvoir, vendredi dernier à Mbour. Dans l’exercice du pouvoir le PASTEF, du moins son leader a des atomes crochus avec le PCC, notamment la volonté affichée de ne pas permettre que l’exercice de certaines libertés gêne ou entrave la marche de l’Etat. Ce que Sonko et plusieurs dignitaires au pouvoir, n’ont cessé de marteler, aux syndicalistes, à l’opposition et à la société civiles.  Même s’ils reconnaissent la liberté syndicale, celle-ci pour eux, doit s’exercer dans la limite de l’équilibre avec la stabilité économique et sociale. Par ailleurs, et ce n’est pas la moindre des ressemblances, le PASTEF et le PCC ont une vision très proche  du multilatéralisme, de la réforme de la gouvernance mondiale, de la défense des intérêts des pays du Sud et du partenariat Sud-Sud. De même les deux partis ont la même approche souveraine du développement. En dehors de ses similitudes idéologiques et fonctionnelles, PASTEF gagne beaucoup en s’alliant au PCC, si l’on sait que la chine que ce parti dirige directement est une superpuissance mondiale. Ce qui offre plus de rayonnement international à parti au pouvoir au Sénégal et à son leader, qui a encore besoin d’assoir sa notoriété. Même si celle-ci a déjà largement dépassé les frontières du Sénégal et de l’Afrique. Avoir le soutien du PCC, c’est avoir le soutien de la Chine. Et c’est un immense atout dans le contexte diplomatique et géopolitique actuel. Pour sa part, la Chine, dans son expansion, en Afrique notamment, a besoin d’alliés sûrs, des partis au pouvoir forts, capables de se maintenir en place et de permettre de renforcer sa dynamique de développent de ses échanges diverses et de consolidation de son rayonnement, ainsi que sa place privilégiée en Afrique. Et au Sénégal qui est de ses points d’ancrage sur le continent, le populaire parti PASTEF au pouvoir, pourrait être un allié parfait du PCC.
Mbaye THIANDOUM
 



Dans la même rubrique :