Accusé de viol, de pédophilie et de détournement de mineur, contre A. Dieng, 14 ans au moment des faits, O. Diop, 60 ans, risque 7 ans de prison. Il a été jugé hier, par la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès.
Les faits remontent à mai 2022. Ce jour, la mère de la victime dit avoir constaté du sperme sur les habits de sa fille. La soumettant à un interrogatoire, celle finit par avouer qu’elle a été violée par le sieur Diop qui l’aurait attiré dans l’auberge où il travaille, avant d’abuser d’elle et lui remettre 200f après son forfait.
«Lorsque je l'ai interrogé sur les accusations, il a escaladé le mur de l'auberge pour prendre la fuite»
Aussitôt la maman se rend au lieu de travail du mis en cause pour en avoir le cœur net et le mettre devant ses responsabilités. Mais selon la maman, le mis en cause a tout bonnement pris la clef des champs, lorsqu’il a su l’objet de sa visite. «Quand je suis allée voir O. Diop dans l'auberge, je l'ai trouvé dans une chambre. Lorsque je l'ai interrogé sur les accusations, il a escaladé le mur de l'auberge pour prendre la fuite», a rapporté la maman.
En effet, après les faits le prévenu avait quitté le pays pour se rendre au Mali. Mais 8 mois après, en décembre 2022, il sera interpellé, à son retour au pays. Et hier, devant le juge, il a tout nié.
A l’en croire, cette affaire a été montée de toute pièce par la victime et sa mère qui, dit-il, voulaient lui soutirer de l’argent. Le jour des faits, explique-t-il, la fille est venue à son lieu de travail, une auberge, pour lui demander de l’eau et qu’elle est repartie après avoir eu le liquide précieux.
«J’ai fui parce que j’avais peur… »
Poursuivant, l’accusé affirme que quelques moments après le départ de la fille, sa maman est venu l’accuser de l’avoir violé. «J'ai été surpris, parce que je n'ai jamais eu de contact avec cette fille», dit-il.
Interpellé sur sa fuite au Mali, après les faits présumés, O. Diop soutient qu’il a été pris de peur. «J’étais dépassé par la situation. Je ne savais quoi faire. J’ai fui parce que j’avais peur», soutient-il.
Mais ce n’est pas le procureur qu’il va convaincre. Pour ce dernier, les faits sont constants, car l’accusé n’a jamais nié avoir été ce jour, en présence de la fille. Le maitre des poursuites est convaincu que l’argument du complot pour lui soutirer de l’argent, avancé par O. Diop ne tient pas la route. Dès lors, il a invité le juge a déclaré le prévenu coupable et à le condamner à 7 ans de réclusion criminelle.
Quant à Me Ayi de la défense, il a plaidé la relaxe pure et simple de son client au bénéfice du doute. En effet, pour lui, en dehors de la présence de la fille au sein de l’auberge le jour des faits, rien d’autre n’est attesté et constant dans le dossier. Il est persuadé qu’il n’y a pas de preuve des accusations de viol, pédophilie et détournement de mineur, et que les seuls faits constants dans cette affaire sont la présence de la fille à l'auberge et le départ de son client pour le Mali.
Après avoir entendu les parties, le jugé a fixé son délibéré au 9 mars prochain.
La rédaction













