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CONTRIBUTION : Pour un Républicanisme territorial africain


Rédigé le Lundi 23 Février 2026 à 12:30 | Lu 25 commentaire(s)



Imaginez un citoyen regardant l’État comme une silhouette lointaine, imposante mais froide. Il voit des institutions, il entend des discours, mais il ne ressent ni proximité ni pouvoir réel d’agir. En vérité, lorsque l’État paraît (à raison ou à tort) distant, la souveraineté devient abstraite et le développement incertain.
 
C’est pourquoi, fort d’une triple expérience associative, managériale (privée et publique) et surtout de gestion territoriale, je suis convaincu que le développement de l’Afrique passe impérativement par ce que j’appelle le "républicanisme territorial", fondé sur le principe de subsidiarité. Celui-ci (ce principe) signifie simplement qu’il faut faire assumer par le territoire ce qu’il est censé mieux accomplir que l’État central. Ma conviction est que la souveraineté ne doit pas seulement être nationale ; elle doit être locale, concrète et capacitaire.
 
Depuis les indépendances, la centralisation a été pensée en Afrique comme garante de l’unité des États. Mais une nation est véritablement forte lorsque ses territoires sont organisés, responsables et dynamiques. Dans cette perspective, la liberté devient capacité d’initiative locale ; la participation dépasse le simple vote pour devenir un engagement collectif productif ; et l’équilibre institutionnel s’incarne dans une gouvernance territoriale forte.
 
Notre héritage africain et sénégalais nous enseigne que l’autorité durable s’appuie sur l’enracinement. Nos traditions communautaires, philosophiques et confessionnelles ont démontré que la solidarité, la discipline morale et l’organisation collective sont des leviers puissants de cohésion et de développement. Je crois que la  culture africaine n’est pas un frein à la modernité : elle doit, avec moins de folklore et plus d'efficience stratégique, en constituer le socle.
À Diass, cette vision du républicanisme territorial se traduit par une logique de pensée et d'action en termes de compétences transversales, au-delà des seules compétences transférées. Nous avons, entre autres, agi depuis quatre années de magistère communal de manière intégrée sur l’éducation, la santé, l’économie, la culture et les infrastructures, sur la base d’une conviction nourrie par un parcours académique, professionnel et par l’expérience du terrain.
 
Concrètement, en quatre ans, cette vision a permis la réalisation sur fonds propres d’un stade, d’un centre de santé, d’un centre socio-culturel ; de deux forages et d’extensions du réseau hydraulique ; de lampadaires solaires et d’extensions du réseau électrique ; de salles de classe, de réfections et de clôtures d’écoles et de lieux de culte ; de pistes ; de points de regroupement normalisés adossés à un système de ramassage des ordures ; d’infrastructures marchandes ; d’outils informatiques et numériques socle d'une dématérialisation ; de bourses de formation professionnelle ; de cartes d’égalité des chances ; de cartes de couverture sanitaire ; ainsi que d’une politique sociale inclusive.
 
Ces réalisations rendues possibles par une maîtrise financière et budgétaire exceptionnelle traduisent une seule ambition : faire du territoire un espace de dignité, de production et d’organisation collective.
 
Ma conviction est qu’il est possible et nécessaire, en Afrique, de refonder la République par la subsidiarité, voie de rapprochement de l’État vers le citoyen et du citoyen vers l’État. Cela exige un engagement clair de l’État qui doit renforcer les moyens financiers, techniques et humains des collectivités territoriales tout en élargissant leur autonomie. L'État doit en somme être un père sans trop de paternalisme.
 
Une nation forte repose sur des territoires forts. Lorsque le territoire est capable, la souveraineté devient réelle et le développement et la paix partagés. L'Afrique doit aller dans le sens du républicanisme territorial pour garantir un développement endogène nécessaire dans un monde extrêmement complexe qui est déjà dans le tunnel dangereux des replis égoïstement identitaires.
 
Mamadou NDIONE
Maire de DIASS 
Président du parti BEUG SÉNÉGAL




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