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QUEBEC : Un Sénégalais en prison pour avoir fraudé l’aide sociale de 180 000 dollars


Rédigé le Mardi 25 Août 2026 à 22:39 | Lu 46 commentaire(s)


Un immigrant sans statut aurait fraudé Québec pour près de 200 000 $ en transmettant des dizaines de demandes d’aide sociale avec de faux profils... mais en y ajoutant sa photo.


Omar Ndiaye se trouve derrière les barreaux depuis son arrestation le mois dernier. Le Sénégalais de 45 ans est accusé d’avoir fraudé le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) entre août 2024 et mars 2026, en plus d’avoir fabriqué et utilisé des documents contrefaits.
Selon la thèse de la Couronne, Ndiaye aurait réussi à obtenir plus de 180 000 $ d’argent public grâce à son stratagème.
Il aurait effectué 55 demandes d’aide de dernier recours, la majorité par internet, en usurpant l’identité de divers bénéficiaires et en créant de faux profils.
Le ministère aurait accepté 37 de ces demandes et aurait versé les milliers de dollars à l’accusé.
Des photos « d’une très grande ressemblance » avec Ndiaye auraient été jointes à plusieurs dossiers, a récemment résumé le procureur de la Couronne, Me Julien Beaulieu, lors de son enquête sur remise en liberté au palais de justice de Montréal.
La juge Sonia Mastro Matteo a refusé de le libérer.
 
Caméras de surveillance
 
Des caméras de surveillance auraient notamment capté Ndiaye qui effectuait des retraits d’argent avec des cartes bancaires au nom de trois autres individus. Des policiers l’auraient aperçu en train de récupérer du courrier dans plus d’une boîte postale à une adresse qui n’était pas la sienne.
Son ancien propriétaire aurait également retrouvé plus de 140 lettres du MESS, du gouvernement fédéral et d’une banque au nom de divers individus.
« M. Ndiaye multiplie l’utilisation de différentes identités, si bien qu’il constitue un risque de fuite imminent », a souligné Me Beaulieu.
Lors de l’arrestation du Sénégalais, les enquêteurs auraient trouvé un passeport de la République démocratique du Congo à un autre nom, mais avec sa photo.
 
Un rêve
 
Dans l’espoir d’être remis en liberté en attendant son procès, Ndiaye a témoigné « que vivre au Canada est un rêve » et qu’il « n’a donc pas l’intention de fuir ».
 
Omar Ndiaye n’a aucun statut au pays et dit travailler au noir comme plongeur dans un restaurant montréalais. Il aurait auparavant résidé en Espagne de 2005 à 2023.
Mais la juge a estimé que « son lieu de résidence au Canada est difficilement identifiable ».
« Le dépôt de 4000 $ (qui constitue une somme importante) est insuffisant pour garantir que M. Ndiaye se présenterait au Tribunal et qu’il respecterait les conditions de mise en liberté », a-t-elle conclu.
Selon la poursuite, Ndiaye risque entre trois et cinq ans de pénitencier s’il est reconnu coupable de ces crimes.
 
Le fraudeur... fraudé ?
 
 La défense a soutenu que « les éléments de preuve communiqués permettent d’avancer qu’un autre suspect pourrait être à l’origine des 55 demandes factices. Celles-ci auraient été faites en usurpant l’identité de M. Ndiaye ». Omar Ndiaye sera de retour en cour en octobre pour la suite des procédures.
Avec journal du Quebec






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